"La paix n’est qu’une période entre deux guerres"…

Si l’analogie avec le monde politique est un peu poussive (le vote n’est-il pas aussi un moyen d’éviter les guerres ?), la formule ne s’applique que très mal à une élection. Ayons le courage de le dire, la pause dans la campagne électorale, consécutive aux actes barbares d’un fou dangereux, n’a jamais eu lieu.

Tout d’abord, certains candidats n’ont même pas fait semblant de la respecter, Marine Le Pen jubilant d’avoir au bon moment un musulman assassin, Jean-luc Mélenchon faisant le lien entre la tuerie de juifs et un poète antisémite cité par le père de sa rivale, entre autres.

Ensuite, si on y réfléchit bien, proposer une trêve à ce moment EST EN SOI un acte politique, comme demander une minute de silence dans les écoles, paniquer des enfants ou s’efforcer d’apparaître sur les photos lors des enterrements des victimes.

Faut-il le regretter ?

Sur la forme, forcément, jouer sur l’émotion et en profiter pour faire monter sa côte de popularité décrédibilise davantage un monde politique qui n’en avait pas besoin. Mais sur le fond, si un premier réflexe peut nous laisser penser que notre élection est un peu futile comparée aux vies humaines perdues, n’y cédons pas, et considérons l’exercice du pouvoir pour ce qu’il est : le moyen d’éviter autant que faire ce peut de tels désastres.

Oui, le choix de société que nous ferons le 22 Avril et le 6 Mai est important, car de ce choix dépendra notre vie collective future, qui réussira mieux ou moins bien à éviter ces drames.

Voter en connaissance de cause, c’est aussi lutter contre le terrorisme.

Votez !