La semaine dernière, je déplorais l’évident manque de volonté des responsables de chaînes de télévision dans l’organisation de débats démocratiques entre les candidats du premier tour. On découvre aujourd’hui qu’ils ne sont pas seuls.

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Pouvions-nous nous attendre à une telle attitude émanant des candidats eux-même ? Rappelons-nous que ces échanges télévisuels ne sont apparus que lorsque les deux prétendants au trône (à l’époque François Miterrand et Valéry Giscard d’Estaing) pensaient en retirer avantage ! Le grand débat d’entre-deux-tours est ainsi devenu une institution, ce qui n’a pas empêché Jacques Chirac d’y déroger en 2002, justement parce qu’il n’en avait nul besoin. Au contraire, sa victoire eût sans doute été moins éclatante s’il avait consenti à ce face à face avec Jean-Marie Lepen…

Aujourd’hui, François Hollande ne peut garder son avance sur le candidat sortant que s’il évite au maximum la comparaison. D’où sa stratégie d’évitement tout au long de la campagne à chaque agression verbale de Nicolas Sarkozy. D’où aussi son refus de participer à deux débats au lieu d’un, chose proposée par son rival qui, lui, en a plus que besoin pour espérer gagner…

Les deux finalistes (qui ne le seront peut-être pas, prudeeeeence) ont en tout cas ce point commun d’être très mollement intéressés par un débat avec les « petits candidats », qu’ils se doivent de mépriser le plus possible pour affirmer un bon résultat dès le premier tour. Vous aurez vite compris que la symétrie est vrai, les petits candidats ne peuvent qu’augmenter leurs chances dans une confrontation avec les plus hauts placés dans les intentions de vote…

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Evidemment, toutes ces considérations n’ont de valeur que si on respecte les volontés des candidats quant à cet exercice démocratique. Force est de constater que notre tolérance à ce sujet est remarquable. Tout de même ! Nous n’allons pas forcer les gens à débattre s’ils ne le souhaitent pas ! Voyons, ces pauvres petits… C’est ainsi que l’on accepte de voir Marine Lepen refuser de répondre aux questions de Jean-Luc Mélenchon, et que l’on trouve « normal » cette absence de débat à la veille du premier tour. L’ironie est d’autant plus flagrante que ces confrontations sont monnaies courantes hors campagnes électorales, avec par exemple des émissions telles que « Mots croisés » ou le défunt « ripostes ».

Il n’en reste pas moins vrai que les prétendants comptent gouverner la France face à des puissances étrangères n’ayant pas notre mansuétude. François Hollande veut renégocier un traité avec Angela Merkel et a peur de débattre avec Jacques Cheminade ? Nicolas Sarkozy veut imposer des mesures fortes aux pays européens voisins et recule quand il s’agit d’affronter Philipe Poutou ?

Devant cette drôle de campagne, j’imposerais, moi, des débats obligatoires ! Quiconque ne s’y soumettrait pas ne serait pas digne de ses électeurs. Et, fort du triomphe de mes idées, je pourrais crier en guise de conclusion :

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