C’est mon côté bonne âme. Jean Tulle voudrait m’en empêcher, tant il est de bon ton (et rémunérateur en voix) d’insulter les instituts de sondage, mais j’ai promis ici une franchise absolue, je les défendrai donc.

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Tout d’abord parce que c’est « le moins mauvais des systèmes ». On a tous besoin de savoir ce que pense le voisin, que ce soit au bar du coin ou en soirée, et puisque tous les français peuvent voter, connaître l’opinion d’un corse doit être aussi important que s’inquiéter pour un breton de l’opinion de son frère (et vice versa). Rappelons pour l’anecdote que le sondage tel qu’on le connaît ne s’est imposé que parce qu’il a triomphé de « thermomètres » moins efficaces tels les « coupons réponses » des journaux.

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Ensuite, je ne joue pas, moi, à l’amante effarouchée qui voit son mari trop beau, et forcément déchante par la suite. Je sais que ce n’est pas la même chose de répondre à une même question le 10 ou le 22 Avril ; je sais qu’il est très différent de choisir un candidat en répondant au téléphone ou dans l’isoloir ; je sais que les résultats comprennent une marge d’erreur de deux points environ.

Sachant tout cela, on comprend bien que 10% des électeurs ne voulaient pas voter, et se sont finalement rendus aux urnes. Que certains voulaient voter pour Jean-Luc Mélenchon, puis ont finalement choisi un autre bulletin, que d’autres ne souhaitaient pas voter Le Pen, puis ont entre temps changé d’avis. Là où le serpent se mord la queue, c’est lorsque l’on se rend compte que ces changements d’avis ont diverses causes DONT ces fameux sondages… Là où la queue étouffe le serpent, c’est quand on remarque des stratégies de mensonge de la part de sondés espiègles.

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Alors bien sûr, cette prise de position peut étonner mes proches collègues de campagne électorale, qui savent comment je me suis servi de ces consultations d’opinion pour en faire un outil de manipulation. Pour en savoir davantage, une seule solution :

Eh, lisez-moi !

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