Du meeting d’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy jusque dans les déclarations télévisées des autres candidats, revient toujours cette accusation : mentir. L’adversaire sait que j’ai forcément raison, donc il vous ment. Logique imparable qui efface toute possibilité de divergence d’opinion. L’argument est efficace, et d’autant plus difficilement contestable que nos hommes politiques ont manié le mensonge avec une habileté digne des meilleurs acteurs césarisés, oscarisés, goldenglobisés, ramenant par comparaison Jean Dujardin au rang d’amateur. Regardez-moi, par exemple, face à cette charmante opposante qui me montre mon propre programme politique :

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Imparable, non ?

Mais si l’homme politique, au fil du temps, s’est tant habitué à mentir sur des faits facilement vérifiables, c’est bien parce qu’il est cru par ceux qui l’écoutent ! Tout ça parce que l’électeur n’a pas compris l’importance de la démocratie qui confère au pauvre citoyen lambda un pouvoir trop gros : il n’a pas même l’idée de vérifier la réalité de ce qu’on lui décrit. Pourtant, l’information n’a jamais circulé aussi rapidement, grâce entre autres à internet.

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Ainsi, le plus crétin d’entre nous a la possibilité de devenir le citoyen le plus informé, le plus à même de choisir en connaissance de cause, avec des sites comme de véritomètre (http://itele.owni.fr/), qui classe les candidats selon leur taux de vérité !

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Mais l’électeur moyen fera-t-il ce travail ? Considère-t-il comme implicite de passer (perdre ?) du temps à chercher, dénicher, contredire, discuter, infirmer ce que les hommes politiques déclarent ? Rien n’est moins sûr. Démission du citoyen face à l’impuissance ou les échecs passés des politiques ? Fainéantise ? J’menfoutisme ? Quelle qu’en soit la raison, l’échec de notre démocratie n’est qu’à la hauteur de ceux qui votent uniquement en tendant l’oreille, en espérant vaguement déceler celui qui paraîtra le plus convainquant, qui hurlera le plus fort :

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