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Tout est dans le point d’interrogation.

Comme il le dit lui-même, sur le papier, il a perdu. Sa campagne, entamée sans le dire depuis déjà plusieurs mois (certains diront depuis quatre ans) piétine, ses efforts ne sont pas récompensés, son concurrent le plus direct triomphe, les autres le talonnent, menacent de le dépasser… Bref, il a déjà perdu.

Mais ce scénario n'est pas satisfaisant. Pour faire vibrer le téléspectateur, qu’il s’intéresse à la question et fasse monter l’audience en même temps que les enchères des espaces publicitaires, il manque l’ingrédient indispensable : la surprise. Un bon rebondissement que personne n’attendait. Examinons, indépendament de considérations purement politiques, les scénarii possibles :

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  1. Un deuxième tour Sarkozy / Hollande, gagné par le socialiste. Une histoire qu’on connaît déjà par cœur, tant les instituts de sondage la martèlent depuis des mois. Potentiel de surprise : zéro. Personne ne s’y intéresserait, autant aller voir le dernier des nanars au cinéma le plus proche.
  2. Un deuxième tour avec Marine Lepen. Une histoire qu’on a déjà vue par le passé, donc qui surprendrait beaucoup moins. Pire, l’élection serait finie dès le 22 Avril, puisque son opposant, quel qu’il soit, serait élu.
  3. Un deuxième tour avec François Bayrou. Plutôt qu’un rebondissement, on verrait là une sorte de fin assez logique, au vu du nombre de candidatures assez important du centriste. La fin d’une lente progression. Ce scénario est un peu plus intéressant, mais la dynamique reste faible, et le problème de la tension du deuxième tour reste entier, car tout le monde s’accorde à dire qu’il gagnerait quelque soit son adversaire (le symétrique de Marine Lepen, en quelque sorte).
  4. dernier scénario, autant improbable que spectaculaire : la victoire de Nicolas Sarkozy. Une remontée fulgurante, sa revanche sur les sondages et sur cette loi implacable qui fait de tout gouvernant dans une Europe en pleine crise un futur perdant. Une campagne dans laquelle il redonnerait espoir, reconquerrait l’adhésion des électeurs, triompherait de tous ses adversaires largement en tête… Quelle histoire formidable !

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Car oui, le journaliste n’aime rien tant que raconter de belles histoires. N’étant pas romancier, il scrute l’actualité avec le secret espoir qu’elle se développe de la manière la plus palpitante, la plus extraordinaire ! Et puisque plus personne ne croit en la politique pour résoudre ses problèmes, profitons au mois du spectacle… Heureux soit-il, j’arrive !

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